JACK LONDON - VAGABONDAGES ENTRE TERRE ET CIEL

Publié le par Richard Khaitzine

Jack London : Vagabondages entre Terre et Ciel

 

 

 

 

 

 

                                                                Avant-propos

 

 

    Jack London représente un cas unique au sein de la littérature mondiale. Si sa courte existence se trouva bornée par deux dates, – semblable en cela à toute vie –  celle de sa naissance, en 1876, et celle de sa mort, en 1916, il traversa le firmament littéraire à la vitesse d’un météore. En effet, sa véritable carrière d’homme de lettres ne débuta qu’en 1900 mais, en seulement 16 ans, il publia une cinquantaine de livres. La performance serait déjà extraordinaire de nos jours, mais imaginez le travail que représentait la rédaction d’un livre  à l’époque. Du temps de Jack London les livres s’écrivaient encore à  la plume, et se dactylographiaient sur l’une de ces antiques machines à écrire de type underwood,[1] lesquelles évoquent pour nous, hommes du XXIe siècle, habitués aux ordinateurs, une période antédiluvienne.

 

  Rien ne prédisposait l’enfant né dans une famille pauvre à devenir l’un des plus grands écrivains américains et sans doute le plus prolifique. Le plus surprenant demeure que, mis à part une infime partie de sa production, ses écrits sont d’une excellente facture. Jack London exerça tous les métiers, y compris les plus pénibles et les plus insolites et ceci explique, peut-être, l’engouement que suscita son œuvre, une œuvre indémodable parce que s’inspirant de la vie et de thèmes possédant une résonance universelle. Néanmoins, l’extrême originalité de son inspiration ne saurait occulter la prescience dont fit preuve cet homme né dans le dernier quart du XIXe siècle. Il suffit de lire Le Talon de fer pour constater que Jack London affichait un pessimisme réaliste quant au devenir de la société. Car, ne nous y trompons pas, même si sa vision cauchemardesque d’un monde dominé par le fascisme armé ne s’est pas réalisée – bien qu’il s’en soit fallu de peu –  la mondialisation et son cortège d’horreurs économiques n’en constituent pas moins une philosophie politique de même inspiration. Pour être larvée, et bien que s’avançant masquée, cette monstruosité existe toujours et la « bête » se refuse à crever. On aurait tort de croire que la défaite du nazisme, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale,  en ait extirpé les racines. Semblable à l’hydre de la mythologie grecque, le fascisme possède plusieurs têtes qui, coupées, repoussent. Car comme chacun le sait : La plus grande ruse du diable c’est de donner à croire qu’il n’existe pas ! C’est dire si les écrits de Jack London sont, plus que jamais, d’une brûlante actualité.

 

   Curieusement, les livres de Jack London furent, en France, longtemps considérés comme appartenant à la littérature enfantine. Ce quiproquo tient au fait que son nom était surtout associé aux seuls récits « animaliers » : Croc blanc, le splendide Appel de la forêt, et les plus fades Jerry dans l’île et Michaël chien de cirque. Que ces titres aient été catalogués « romans animaliers » en dit long concernant l’inanité de la Critique. Or, qu’il s’agisse de Croc blanc ou de l’Appel de la forêt, cette qualification se trouve à peu près aussi exacte que celle qui fut accolée au chef-d’œuvre de Richard Bach : Jonathan Livingston le goéland. Dans ces deux cas, nous sommes en présence de magnifiques paraboles. Au-delà d’une lecture littérale, Croc blanc se veut une magistrale métaphore ayant pour sujet le long parcours et les souffrances qu’exige le passage de la sauvagerie à la civilisation… ou plutôt de la liberté à ce mirage policé dont on voudrait nous convaincre qu’il mérite son nom. Dans ce domaine, comme dans celui du « paganisme », annihilé et remplacé par les religions dites révélées,  il y a travestissement des faits et mensonge. Nul ne saurait s’en étonner dès lors que l’on constate que « l’Histoire est écrite par les vainqueurs ». Jack London était trop lucide pour ne pas en être convaincu et ce fut, sans doute la raison qui l’incita à prendre le contre-pied de sa démonstration dans l’Appel de la forêt, roman mettant en scène un chien domestiqué, arraché à son existence douillette, et qui se voit contraint de «  lutter pour survivre » dans un milieu hostile. Mais, contrairement à Croc blanc, Buck choisit de céder à l’appel de la nature, de fuir la civilisation et de retourner à la vie qui fut celle de ses ancêtres lointains.

  Ces différents thèmes sont omniprésents dans ses livres, et ce que l’action se situe dans les solitudes glacées du Grand Nord, sur les sombres océans déchaînés – que l’on se souvienne du féroce capitaine Loup Larsen héros du Loup des mers –, ou encore au sein de ces cloaques où se développe le paupérisme engendré par l’exploitation de l’homme par l’homme. À l’instar de ses romans dont l’action se situe sur terre, les livres rédigés par Jack London, et ayant pour cadre les océans, ne sont pas uniquement des ouvrages « maritimes ». Les restreindre à cette désignation serait aussi absurde que de vouloir expliquer le Moby Dick de Melville uniquement  par une chasse à la baleine… fut-elle blanche. [2]

   Ne nous leurrons pas, si les baleines blanches ne courent pas les rues de nos mégalopoles, les loups, quant à eux, ne hantent pas exclusivement les forêts sauvages. Nos modernes cités, supposées être civilisées, en regorgent. Ces « loups », arpentant l’asphalte, font preuve d’une brutalité, d’une sauvagerie, d’une férocité, qui n’ont rien à envier à celles de l’espèce quadrupède. Ce fut sans doute ce constat qui fit écrire, déjà, à Victor Hugo que « l’homme est un loup pour l’homme ». Il existe pourtant une différence fondamentale entre l’animal et l’homme. La voracité du premier est motivée par un besoin primaire, une fonction physiologique… se nourrir. Chez le second, la nécessité ne prime pas ; il s’agit d’assouvir d’autres appétits : le goût du pouvoir, de la domination, de la possession. Et l’assouvissement de ces appétits n’a pas l’excuse du moindre impératif vital. Ce parallélisme, déjà à son époque, Jack London en était indubitablement et douloureusement conscient. Il connaissait le monde du travail, la condition du salarié, esclave moderne et qui n’a pas conscience, la plupart de temps, de sa condition. Il avait affronté le plus sauvage d’entre tous les prédateurs… le Capitalisme, rebaptisé pudiquement, outre Atlantique « libre entreprise » et s’étant revêtu, plus récemment en Europe du nom équivoque de « libéralisme ». On a pu en constater récemment les effets dévastateurs, engendrés par le marché des subprimes et la spéculation financière internationale, lesquels ont failli replonger le Monde dans la situation qui fut celle consécutive au krach de 1929.

 

   Déjà au faîte de la célébrité, London connut une certaine désaffection du public, suite à son action militante et à l’engagement politique de ses écrits. Que n’a-t-on dit au sujet du marxisme affiché de l’écrivain nord américain ? Certes, London avait lu Marx et il avait milité au Socialist labor party, mais de là à voir en lui un communiste convaincu il y a une marge de la taille d’un fossé. Pareillement, à intervalles plus ou moins réguliers, la Critique le taxa d’avoir cédé à la fascination qu’exercent les personnalités nietzschéennes. Il s’agit d’un malentendu soigneusement  entretenu, voire d’une insidieuse calomnie. Que ce soit dans Le Loup des mers, dans Martin Eden, dans Radieuse Aurore ou au sein de nouvelles comme La Force des Forts, la dénonciation musclée des idées de Nietzsche est incontestable, sans équivoque. Disons-le nettement, sur le plan philosophique, Jack London était plus proche des idéaux libertaires que des dogmes communistes. Si son dégoût de l’injustice sociale était très fort, il n’adhérait pas pour autant aux thèses marxistes. Il était bien trop lucide et sceptique pour se fondre dans un parti fut-il de travailleurs. Sur ce point, l’Appel de la forêt se montre très explicite.

 

  Ce fut un autre sceptique, français celui-là, qui encensa Jack London. Un an avant que les surréalistes ne déposent sur son cercueil le pamphlet Un cadavre, Anatole France, membre de l’Académie française – qu’il battait froid depuis l’affaire Dreyfus – écrivit dans la préface au Talon de fer les lignes suivantes :

  «  Le Talon de fer, c’est le terme énergique par lequel Jack London désigne la ploutocratie. Le livre qui, dans son œuvre, porte ce titre fut publié en 1907.[3] Il retrace la lutte qui éclatera un jour entre la ploutocratie et le peuple, si les destins dans leur colère, le permettent. Hélas ! Jack London avait le génie qui voit ce qui est caché à la foule des hommes et possédait une science qui lui permettait d’anticiper sur les temps. Il a prévu l’ensemble des événements qui se déroulent à notre époque. L’épouvantable drame auquel il nous fait assister en esprit dans Le Talon de fer n’est pas encore devenu une réalité, et nous ne savons pas où et quand s’accomplira la prophétie de l’Américain disciple de Marx. »

 

  Il est une autre question, vite évacuée, parce que dérangeante, c’est celle relative à ce qu’il est convenu de désigner pudiquement par « la tentation de l’au-delà ». Comment concilier le militantisme résolument matérialiste de Jack London avec des préoccupations métaphysiques. C’est que l’homme est un animal craintif ; il a besoin de repères, de certitudes et n’apprécie que fort peu le mélange des genres. London en quête de spiritualité ? Allons donc ! Le goupillon, cela se sait, a toujours penché du côté de l’ordre établi et de la morale bourgeoise. Quant à la racaille regroupée derrière le drapeau rouge ou noir, elle est farouchement anticléricale. Soit ! Mais il y a loin des clichés à la réalité, beaucoup plus nuancée. Spiritualité n’a jamais été synonyme de religiosité. On peut être communiste, socialiste, voire anarchiste, ne pas accorder le moindre crédit aux mythologies judéo-chrétiennes, éprouver de la défiance à l’égard des cerbères s’étant autoproclamés les gardiens de sanctuaires mensongers, sans pour autant être dénué de curiosité. À un moment de sa vie, Jack London se posa les questions essentielles et le fait est attesté. Il lui fallut beaucoup de temps pour en arriver à ce stade. Auparavant, il fut contraint de s’affranchir d’un héritage intellectuel familial encombrant et auquel il était allergique. Toutefois,  il ne pouvait totalement faire l’impasse. La génétique revendiqua ses droits. Cela se passa en trois temps. Tout d’abord, il y eut de brèves, mais répétitives, incursions dans le domaine du fantastique, pour ne pas dire « paranormal ». Simples exercices de styles concluent les biographes ; peut-être, mais qui portaient en germes un dernier grand roman : Le vagabond des étoiles, considéré comme une excrétion de la pensée par des critiques alexiques qui n’y ont longtemps vu qu’une aimable fantaisie prenant pour thème la réincarnation. Ils ignoraient alors que tout ne relevait pas de la seule fiction dans ce grand roman, prodigieusement documenté. Le héros, condamné à la peine de mort, Darrell Standing, était largement inspiré d’un personnage authentique ; quant au Tigre, victime de la société, condamné une première fois pour la mort d’un homme – qu’il avait tué en état de légitime défense – et qu’un système pénitentiaire inique et sadique transforma en une bête féroce avant de l’exécuter, il exista bien réellement. Il se nommait Jacob Oppenheimer. En 1911, Jack London rencontra Ed Morrell, l’homme qui lui inspira Darrell Standing. Morrell se battait pour obtenir la grâce d’Oppenheimer et, afin d’obtenir l’aide de l’écrivain, il lui fit de terribles confidences quant au traitement inhumain appliqué aux détenus au sein de l’univers carcéral. London en fut horrifié. Néanmoins, il fut sans doute fortement troublé par des confidences d’une toute autre nature. Toujours est-il que lui, l’écrivain rationaliste, convaincu que « lorsqu’on était mort c’était pour longtemps », sortit de ce premier entretien extrêmement ébranlé, obligé de réviser ses certitudes les plus ancrées.

   Depuis la publication, par 10/18, dans les années 70, de la quasi intégralité de l’œuvre de Jack London, augmentée de préfaces de Francis Lacassin, cette histoire est connue. Cependant, aveuglés par certaines ambiguïtés qui se peuvent relever dans les déclarations, en apparence, contradictoires de London, les critiques continuent de véhiculer l’image d’un écrivain athée, uniquement convaincu de la véracité des théories évolutionnistes. Nous nous efforcerons d’expliquer ce hiatus lorsque sera abordée la fin de sa vie. Disons simplement, afin de ne pas livrer dès à présent le fin mot de cette énigme, que Jack London s’en est expliqué dans un récit autobiographique paru en 1913. L’ouvrage est intitulé Le cabaret de la dernière chance et son auteur y relate, sans farder la réalité, son existence d’alcoolique. Il prit l’habitude de boire très jeune ; mais souvenons-nous que ce fléau social, dénoncé par Zola dans L’Assommoir, ne touchait pas uniquement le monde ouvrier et qu’il existait – et existe toujours un alcoolisme qualifié de mondain. Quel savant usage de l’euphémisme. Notons au passage que l’ostracisme n’était pas absent de la façon dont était perçu le buveur, selon sa condition sociale. Alors qu’un ouvrier s’adonnant à son vice était qualifié d’ivrogne, le mondain qui satisfaisait son penchant destructeur, dans les cocktails, raouts et autres pince-fesses, était considéré comme un noceur. L’alcool   constitua-t-il  la clé ultime qui ouvrit à Jack London « les portes de la perception », selon l’expression d’Aldous Huxley ? On ne peut exclure cette hypothèse, même si elle n’est pas sociologiquement correcte. Mais, après tout, Jack London ne fut jamais conformiste.   

 

   Jack London mourut en 1916. Il n’était âgé que de quarante ans. Aujourd’hui encore une controverse perdure. Il fut admis, durant des décennies, que l’écrivain se suicida en absorbant de la morphine. Immédiatement après la mort de Jack London, sa femme Charmian – fut-elle préoccupée du qu’en dira-t-on, ou voulut-elle préserver sa mémoire ? – répandit le bruit selon lequel la mort de Jack avait été provoquée par une crise d’urémie. Cette version fut reprise en 1969, suite aux déclarations d’un médecin. Il est vrai que le suicide de l’un des plus grands écrivains de tous les temps faisait un peu « désordre » dans une société puritaine  imprégnée jusqu’à la moelle de morale judéo-chrétienne. Presque cent ans plus tard, rien n’a changé. Nous assistons à un retour en force du politiquement correct, du « penser comme tout le monde », à l’instauration d’un monde où les interdits ont force de loi et ne laissent aucune place à la liberté de penser ou d’être autrement. Aussi, voit-on admise, quasi unanimement, la thèse selon laquelle London mourut d’un empoisonnement du sang provoqué par un accès d’urée, quitte à ne plus mentionner le témoignage, dérangeant, mais ô combien expressif, d’un proche de l’écrivain.

   Au lendemain du décès de son ami, Upton Sinclair – ne se méprit pas – et outré, il déclara : « À travers sa vie entière, Jack London marcha dans les pas de Martin Eden et choisit son destin. En vérité, il est honteux et tragique pour notre littérature que l’Amérique capitaliste, par une philosophie de rapacité et d’égoïsme, soit parvenue à voler l’esprit de cet homme. » Il était bon de le rappeler afin de faire contrepoids à la « vérité » officielle.

   Mais qu’est-ce qui motiva le suicide de cet homme comblé par la vie ? La même question peut se poser à propos d’un autre écrivain américain.

   En  1957, Edward Dmytryk réalisa le très beau film Raintree County, adapté  du roman éponyme. Le film, ayant pour toile de fond la guerre de sécession, sortit en France sous le titre L’Arbre de vie. La critique le compara à Autant en emporte le vent. Toutefois, le film est loin de restituer la sombre beauté du livre [4] et l’extraordinaire fascination qui s’en dégage, pas plus que le parcours métaphysique – pour ne pas dire initiatique – du héros : John Shawnessy. Cinq lignes suffisent à donner le ton :

 « Il était pourtant normal de l’appeler monsieur shawnessy (sans majuscule) puisqu’il passait son temps à entrer et sortir de Mr Shawnessy avec une surprenante rapidité et à user de cet obligeant compagnon comme d’une gare. En réalité monsieur shawnessy se servait de Mr Shawnessy comme d’un homme de paille, d’un masque facile qu’il s’était efforcé pendant toute son existence d’adapter à sa vie sociale. »

  Celui qui écrivit ces lignes se nommait Ross Lockridge Jr et était né dans l’Indiana en 1914. Il fit ses études à l’Université puis à la Sorbonne. Il se maria en 1937. Père de quatre enfants, professeur à Harvard, en 1947 il fit publier son premier et unique roman qui devint un best-seller. Les photographies montrent un jeune  homme dont les traits ne sont pas sans évoquer le charme de l’acteur Tyrone Power. Selon ses biographes, Lockridge souffrait d’une grave dépression. Il se suicida en 1947 en absorbant du monoxyde de carbone.

  Dans le cas de Jack London, comme dans celui de Ross Lockridge, [5] l’explication semble devoir être recherchée ailleurs. Se pourrait-il, qu’ayant eu accès à une certaine révélation d’ordre « spirituel », et ne pouvant plus, dès lors, se satisfaire d’une existence ressentie comme insipide, les deux écrivains se soient donnés la mort ? Cette hypothèse n’est pas sans évoquer une histoire rapportée par Dostoïevski, dans l’Idiot. En route vers la potence, un soldat condamné, au lieu de se concentrer sur ses chances de salut, lâche prise, abandonne son ego et se fond dans une expérience extatique. Il devient totalement conscient   

de ce qui l’entoure, comme s’il voyait le monde pour la première fois, entrant dans une nouvelle réalité existentielle pour – les supposées – cinq dernières minutes de sa vie. Il est sauvé de la pendaison, in extremis, un cavalier apportant sa grâce.  En vue de retrouver cet état d’hyper conscience, il se met à boire et meurt alcoolique cinq ans plus tard.

   L’intensité d’une telle expérience doit nécessairement déboucher – pour celui qui l’a vécue – sur une interrogation : est-ce que « la vie ment pour vivre ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] . La machine Underwood ne fit son apparition qu’en 1898, soit 20 ans après la machine à écrire de chez Remington.

[2] . Les jeux de mots et autres calembours foisonnent dans l’œuvre de Melville. Moby Dick en est un exemple. En anglais mob désigne la foule, la cohue, «  l’ameutement » diabolique et dick… le malin, le diable.

[3] . L’illustre écrivain se trompe. Le livre fut publié en février 1908, à New-York,  aux éditions Macmillan.

[4]. Il est regrettable que ce véritable chef-d’œuvre de la littérature américaine n’ait été publié en France que dans une version très abrégée. Lorsque le livre sortit aux U.S.A., il comportait plus de 1000 pages, la version française n’en présente que le quart.

[5]. Encore que, depuis les confidences de son fils Ernest, brillant universitaire, on sache que d’autres facteurs soient entrés en ligne de compte. Il y avait un lourd héritage familial et des « squelettes dans le placard ». Sont évoqués la pédophilie, l’influence de la doctrine de Mary Baker Eddy – propagandiste de la Christian Science –  au sein de la cellule familiale, ainsi que le rôle d’Alfred Kinsey, le « grand sorcier » de la sexologie, dont l’institut fut fondé à Bloomington, ville de résidence de la famille Lockridge. Le livre du professeur James H. Jones ternit quelque peu l’image du « bon Docteur » lequel, selon l’auteur, était « un homosexuel sadomasochiste » et « utilisa dans ses recherches des séquences filmées d'abus sexuels sur des enfants ». En outre, Ross Lockridge fit un séjour à l’hôpital méthodiste – il y fut inscrit sous le pseudonyme de Charles E. Duncan – où il fut soumis à un traitement qui n’améliora certainement pas sa dépression : prises en grande quantité de Séconal et d’insuline, plus électrochocs. Tout ceci contribua à hâter la fin prématurée de l’un des plus grands écrivains du XXe siècle

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urgence plombier paris 11 26/01/2015 15:52

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